Le Diplôme Universitaire Jeune Entrepreneur (DUJE) de l’EM Strasbourg est une formation à l’entrepreneuriat de six mois dédiée aux jeunes de 18 à 29 ans, aux habitants des quartiers prioritaires de la ville (QPV) ou aux personnes éloignées de l’emploi. Les projets de ses participants sont aussi variés que leurs parcours : créer une association, lancer une marque, développer un service ou concevoir une solution numérique. Tous racontent comment le DUJE les a aidés à passer à l’étape supérieure.
Des parcours personnels à l’origine de projets
Les projets entrepreneuriaux peuvent naître de parcours, d’expériences et de besoins très différents. Le DUJE aide ses participants à faire évoluer leur projet, qu’il soit à l’état d’idée ou déjà engagé.
Pour Omaid Zazai, le DUJE a accompagné le passage de CAP solidaire à l’association NOVAÏ. À Strasbourg, NOVAÏ organise des rencontres interculturelles et mène des actions d’accompagnement socio-professionnel. Le projet a grandi et Omaid aussi : « J’ai gagné en confiance, en autonomie et j’ai développé mon réseau. J’ai aussi appris à mieux gérer un projet, à fixer des priorités et à travailler avec des personnes aux profils variés. »
D’autres projets prennent forme à partir d’une histoire personnelle. Marie-Aimée Koutchaoua, originaire de l’Île des Pins, porte Aylana Nuèra, une marque de vêtements de confection artisanale inspirée du Pacifique. Son idée vient d’un constat : en métropole, les Océaniens disposent de peu de possibilités pour porter des tenues qui leur ressemblent. Elle souhaite créer des pièces qui renouent avec leurs motifs et leurs traditions, tout en les faisant découvrir à un public plus large. Le DUJE lui a permis de confronter ses créations aux réactions d’un public lors d’un défilé organisé pendant la formation. Une étape importante pour préciser son projet : « Je suis sortie du DUJE avec mon business plan établi. »
Entreprendre pour apprendre : un levier de développement de compétences
Clarifier son offre, identifier ses clients, définir un modèle économique et organiser les prochaines étapes font partie des compétences entrepreneuriales que les participants viennent acquérir. L’intention finale n’est pas forcément d’entreprendre, mais de développer des compétences, en utilisant l’entrepreneuriat comme levier.
Nawal Hafed, sociologue, consultante et chercheuse indépendante, souhaitait ainsi compléter son expérience de terrain et de recherche par des compétences en entrepreneuriat. Avec HN Consulting & Impact, elle développe l’approche ANARÏA et sa méthode pédagogique 3C : Corps, Cerveau, Cœur. Le DUJE l’a aidée à préciser son positionnement : « Le DUJE m’a aidée à clarifier mon projet, mon offre et mes priorités. J’y ai trouvé une équipe professionnelle et impliquée, dont l’accompagnement m’a permis de faire avancer ANARÏA. »
Le parcours de Destino Nsumbu Kulani illustre aussi ce travail de clarification. Avec sa startup EdTech Vumeris, il développe Maonis Learning, une solution d’identité numérique scolaire destinée à moderniser et sécuriser la gestion des parcours éducatifs.
Il explique ce que la formation lui a apporté :
« Sur le plan personnel, le DUJE m'a permis de prendre énormément de confiance, d'affirmer ma vision et de structurer ma démarche de fondateur. Sur le plan du projet, cela m'a aidé à clarifier notre proposition de valeur, à affiner notre modèle d'affaires et à préparer les étapes majeures comme la protection intellectuelle et la candidature au Statut National Étudiant-Entrepreneur (SNEE). »
Confronter son projet à la réalité
Structurer son projet, c’est aussi accepter de le confronter à la réalité. Présentations devant un jury, sessions de pitch, hackathons ou rencontres avec un public : ces expériences donnent aux participants des occasions de mettre leurs idées à l’épreuve et de recueillir des retours, mais aussi de se confronter à la prise de parole en public, pour prendre confiance en soi et développer son leadership.
Donia Hanachi, animatrice en langue des signes française, a intégré le DUJE avec un projet lié à la santé : MediSignes. Présenté au Hacking Health Camp, celui-ci a reçu le prix du meilleur parcours patient. Elle a depuis réorienté son projet et souhaite développer une activité de bijoux destinée aux femmes sourdes. Son parcours rappelle qu’un projet peut aussi évoluer ou s’arrêter lorsqu’il ne rencontre pas son marché. L’équipe pédagogique l’a accompagnée dans cette transition et dans l’exploration d’une nouvelle voie.
Pour Qais Nasseri, fondateur de Vitrex, une entreprise strasbourgeoise de nettoyage écologique de vitres à la vapeur, le DUJE a notamment permis de prendre du recul sur une activité déjà lancée : « Il m'a apporté de la méthode, un réseau, et la confirmation que mon projet tenait la route. Ça m'a aussi poussé à structurer ma vision sur le long terme. »

Prendre confiance et avancer avec les autres
Entreprendre, c’est aussi apprendre à défendre ses idées, à travailler avec différents interlocuteurs et à trouver sa place dans un environnement parfois nouveau.
Elif Karahan souhaite créer une marque de prêt-à-porter qui associe vêtements traditionnels et modernité. Avant de rejoindre le DUJE, elle doutait de pouvoir intégrer une telle formation. Elle souligne aujourd’hui l’importance de l’accompagnement reçu : « Le DUJE m'a apporté beaucoup de confiance, d'estime, de motivation, d'espoir, de soutien et bien sûr un accompagnement adapté à chacun d'entre nous. »
Les échanges entre participants comptent également dans cette progression. Les profils, les expériences et les projets sont différents, mais la formation crée des occasions d'apprendre les uns des autres. Elif se souvient notamment de la bienveillance et de la solidarité qui ont rapproché les participants malgré leurs différences d’âge et de parcours.
Omaid Zazai retient, lui aussi, la richesse des échanges avec les intervenants : « Les discussions riches et vivantes que nous avons eues avec eux pendant la formation, on ne les trouve dans aucun livre de business. »
Pour les participants, les coachs et les autres porteurs de projet constituent ainsi des ressources pour avancer, prendre du recul et ne pas rester seul face aux difficultés. Le Startup weekend Strasbourg, auquel les étudiants du DUJE ont participé, et les ateliers collectifs font partie des moments ayant marqué les diplômés de la formation.
Le DU Jeune Entrepreneur en bref
Le DUJE est une formation diplômante à l'entrepreneuriat de 130 heures réparties sur six mois, destinée aux porteurs d’un projet entrepreneurial nécessitant un accompagnement et aux personnes éloignées de l’emploi, notamment les habitants des quartiers prioritaires de la ville (QPV), les demandeurs d’emploi et les personnes en situation de précarité ou d’inactivité.
Entièrement prise en charge financièrement pour les bénéficiaires, la formation vise à développer les compétences entrepreneuriales et professionnelles, à accompagner la concrétisation d’un projet et à faciliter l’accès au réseau entrepreneurial. Elle s’appuie sur huit modules complémentaires et sur l’intervention de neuf coachs, ainsi que d’intervenants de France Active Alsace et de partenaires associatifs.
Le projet bénéficie d’un soutien de l’Eurométropole de Strasbourg et d’un financement de l’Union européenne : 114 582,55 euros, pour un coût total de 190 970,91 euros.
Candidater à la promotion 2027
Les inscriptions pour la promotion 2027 ouvrent du 2 novembre au 6 décembre 2026 et la formation aura lieu du 18 janvier au 16 juillet 2027.
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